Je suis sur le balcon chez mon frère, sans lumière. La mer est une étendue noire. Je lis la lettre que François m'a écrite. Une lettre de rupture ?
« Cette vie ne sera pas celle de notre amour possible. L’insouciance de notre première nuit ensemble, c’était le 11 septembre 2001. Une date que le hasard a faite importante aussi pour
l’Histoire de l’Humanité. Donc une date impossible à oublier. Cette date est inscrite dans ma biographie. Une biographie, un regard déjà lointain sur sa propre vie passé. Je garde le plus beau,
les moments où en me rejoignant ton cœur battait un peu plus vite. J’ai vécu ces derniers jours aux rythmes de ta voix, de ton esprit, de ton corps, je sais que je te
garderais encore longtemps au fond de moi. »
Oui, c’est bien une lettre de rupture. Douleureuse pour lui. Un soulagement pour moi ? Il aime François (son copain s'appelle François aussi!) avec qui il est depuis 14ans, mais il m'aime aussi,
différemment bien sûr, car 14ans et un mois ne sont pas comparables, Pour lui, nous sommes deux et un à la fois, nous sommes l'autre, celui qu'il veut atteindre, qu'il effleure, mai qui reste
inaccessible. Mais il veut encore. Par amour, pour vivre, pour prouver qu'il existe, qu'il pense, qu'il ressents...Il se laisse aller à la rêverie.
Il sonne chez moi. Il me réveille. J'ouvre mes bras et je lui dis "je t'attendais, je rêvais de toi,". Mais il me laissera dormir. Je dois travailler tôt, je dois vivre.
François. c'est une grande rencontre, c'est la rencontre de deux corps, de deux sensualités. Cela reste une révélation d'émotions érotiques, sensuels et sexuels. C'est un ensemble de message que
nous échangions dans les temps précieux que nous passions ensemble. Je n'oublierai jamais et je lui remercie de ce si beau cadeau. Je le sentais vibrer sous mes caresses et je vibrais sous les
tiennes. J'ai adoré son corps. Son coprs que j'imagine maintenant loin, trés loin. Je ne connaitrais plus son corps, c'est une douleur.
Pourquoi la décision d'arrêter cette relation est-elle douloureuse?
Je reste révolté, je reste confiant. Je veux aimer encore et encore. Et puis j’ai envie encore et encore de faire l’amour, d’inventer de nouvelles caresses, vivre d’autres sensations, d’autres
plaisirs. J’ai envie de découvrir des choses encore et encore...je suis un forcené du désir de liberté. J’entretiens ce désir, je ne laisse aucune chaine entraver ma marche vers la réalisation de
ma vie. J’essaye d’éliminer les mauvais sentiments qui font entrave à ma liberté : la colère, la culpabilité, la peur, les angoisses… je développe les points positifs, et je minimise ceux
qui ne le sont pas. Je ne dis pas que c’est facile ni que j’y réussis toujours mais lorsque j’y arrive je rayonne de bonheur et ouvre ainsi des portes vers le monde de tous les possibles de
moi-même.
Je suis émerveillé par la vie, ma nouvelle vie, ma nouvelle vie à Marseille. Je pense encore a Casablanca mais je suis heureux car j’ai donné un sens à ma nouvelle vie, être libre enfin.
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