Lundi 11 mai 2009





Du café, des cigarettes les unes après les autres, des mots qui surgissent d’ailleurs que des maux, des songes que je mets là sur cet écran juste pour la douceur recouvrée de l’écriture. Ou plutôt du désir d’écrire. Le désir est un moteur de vie, le désir est désir de désir d’être ce que l’on peut, au mieux et dans ce monde.

Chaque moment dans la vie est unique, aucun n’est banal... Il fut une époque où j’écrivais des souvenirs, des pensées, des carnets et cahiers jamais achevés.... Je n’ai rien conservé et je ne le regrette pas. Je ne conserve au final que bien peu de choses : une darbouka que ma mère m’avait achetée quand  j’avais 14ans, des vieux livres poussiéreux que je ne lirai jamais, quelques cicatrices du passé mais aussi de l’exaltation. Ma vie a été scandée entre avant et après tel ou tel événement dont je parlerai plus loin peut-être.  Elle a été une succession de cassures plus ou moins heureuses, de sensations, d’impressions, d’intuitions. Mais c’est bien banal tout cela. J’ai dépensé ma vie de trente ans et je ne tire aucune conclusion, pas de solde de tout compte. Le reste c’est la suite, cette pile de papiers à trier, à mettre en ordre de marche.

Un sac qui déborde, négligemment posé sur un fauteuil. Dedans les trucs importants, en complément du reste. Et dehors ce froid, cette glace, ce givre qui rend tout opaque. Pourtant je ne suis pas dans le gris du ciel de cette journée écoulée mais aussi écroulée.

Des chants derrière, c’est beau, très beau, un peu arabe, un peu perse. Encore l’appel des muezzins. Ici, la nuit tout est lumière. J’entends par là que dehors le noir n’existe pas, les jolis lampadaires sur les palissades sont comme des étoiles, des feux mal éteints. Je pourrais rester des heures lentes à observer ce mutisme, ce non mouvement tant j’y suis sensible. Etrange inspiration. Elle me donne envie d’écrire un peu dans tous les sens, ce n’est pas novateur mais qu’importe. Je n’ai pas grand chose à proposer comme invention. Ce n’est en tout cas pas l’objet de ces mots que j’aligne. Maintenant. Plus tard, un autre jour ? Une autre fois ? Je ne veux ni ne peux prévoir quoi que ce soit. Ca ne présenterait aucun intérêt. Pas pour moi. Et là j’écris pour et par moi. Egoïste certes mais ça ne concerne que moi-même au final, sauf peut-être un lecteur égaré dans mes divagations et rêveries du moment qui pensera…je ne sais quoi !

Les déboires et désordres sont dans la vie, dans l’existence. Comme le dans-dedans, si froid parfois. Il faut « faire avec ». Et se protéger autant que faire se peut. Mais quel est cet étrange verbe réflexif « se protéger » ? Quel sens a-t-il ? Une carapace ? Je suis donc une tortue. Il y a plein de tortues. Animal bizarre. J’aime assez, mon côté nomade sans doute. La tortue se promène où elle veut avec sa maison confortable et protectrice sur le dos. A cette heure pourtant je suis un sédentaire. Volontairement.

Aimer l’Autre n’est pas simple mais c’est le plus beau cadeau que l’on puisse offrir et s’offrir. Alors aimer, envers et contre tout y compris ce qui heurte.

Il serait dans mon air du temps bien à moi, rien qu’à moi, que je parle de cette histoire d’amour qui dure depuis plus de quatre ans.. Pas envie, je ne suis pas détaché, je suis même littéralement collé. Dont acte, au moins provisoirement.

Par un marocain
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Mardi 5 mai 2009




 
Et la vie est dehors, dans - dedans quelque chose d'insoupçonnable. Les mots ne pèsent rien pour décrire cela, cette sorte de sensation, mais ils sont bel et bien et là.
La vie partout qui nous inonde, m'inonde et me submerge malgré les douleurs de ce qui est perdu.

Sur la table, des petits bouts de papier qui s'amoncèlent, s'éparpillent, se diluent. Une lampe, blanche qui m'éclaire dans la tiédeur de la maison. Des cigarettes, des téléphones qui ne sonnent pas, des sommes de choses qu'il faut faire car il faut les faire, je n'y peux rien.

Ma fatigue est saine. Elle pèse mais ne fait plus mal. La solitude sonne juste. Au fond je suis toujours seul, jamais seul, accompagné par cette belle petite étoile invisible à l'œil nu, qui veille sur moi depuis si longtemps.

Il n'y a pas ici les enfants criants et rieurs des quartiers populaires de dar bida, juste le froid, pénétrant jusque dans les os. Le passé et le présent, peut-être aussi le futur sont dilués en une étrange et subtile forme de mélancolie. Mais le mot est-il juste ? Sans doute un peu, sans doute exagéré.
Je pourrais dire que c'est de la nostalgie mais cela ne me correspond pas, plus. Les bruits des villes parmi les villes sont lointains comme le sont les suppliques des muezzins de dar bida que j'ai tant aimé écouter.

Le « tant perdu », le temps qu'il reste est dans la continuité de cette volonté de savoir qui m'a tellement envouté et depuis si longtemps que je ne saurais ni d'ailleurs ne voudrais la dater. Quelle importance d'aligner des chiffres linéaires ? Aucune je crois.


Des cartons, des souvenirs, jonchent la maison. Des livres contre le mur. Des pensées qui se bousculent sans joie ni peine. La radio en fond sonore, les plafonds sont hauts et il y a des résonnances.

Ecrire pour soi, pour moi, se donner l'énergie de le faire, c'est poser un acte de réconciliation avec un souvenir, un moment, un être... les travers de chacun, les coups de poing du destin. Des époque révolues. Elles sont passées comme l'envie peut s'en aller sans que l'on puisse y faire quelque chose.


Des bouts d'arbre et de fleurs séchés, des briquets que je perds et retrouve, des petites joies, des amis  qui sont toujours joyeux de me voir. Ils sont si doux.


Un agenda rouge, recouvert de rouge. A remplir. Plus tard. Demain, dans les heures qui suivent. Demain d'ailleurs des gens à qui parler. De choses « sérieuses ». 

Un porte manteau rouge également, juste une veste grise dessus. Des informations que j'entends vaguement, au loin, qui évoquent l'excès du monde, son avenir déluré. J'ai appris à ne pas cesser de m'y intéresser mais pas à m'y inclure.

Cette terre où je suis venu vivre sur une idée survenue de mon imagination ne ressemble à aucune autre de celles que j'ai pu connaître. C'est comme un passage à autre chose, autrement, que la fin de mon addiction maladive a dû déterminer dans mon inconscient. Addiction, que ce mot est laid. Hideux. Mais si emblématique de situations inextricables dans lesquelles je m'étais enferré. Pas seul mais bien seul au final car nous sommes toujours seuls et c'est plutôt mieux. Il y a des connivences, des gens qui comptent, des histoires avec ces personnes. Mais lorsque vient doucement le sommeil des pommes, que les yeux s'évanouissent, les pensées qui précèdent les rêves, sont de la solitude pure.

Par un marocain
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Mardi 2 décembre 2008

 

 

Avril 2002

 

Poursuivons notre promenade parmi les chambres d’écriture

 

Après de longs et difficiles moments, j'ai fini par réussir à m'arracher de Marseille. Cette ville qui m'a si généreusement accueilli ces 8 derniers mois. La transition est brusque. Arles fille de la Camargue.

 

Arles devient nouvelle terre d'accueil en France. La vie et la curiosité se mêlent de nouveau. Je n’ai plus peur. J’ai oublié ma vie, mon histoire. Je n’ai qu’un seul but : oublier, m’oublier. Ne plus penser.

 

Les premiers jours sont ceux de la non-appartenance au lieu. Je me sens vivre et libre. J'investis un nouveau lieu, je construis de nouveaux repères, je lie des amitiés, et je reprends ma route et ma quête de la liberté.

La découverte et l'adieu irriguent chacun de mes pas, j'apprends à connaître et j'aime. L'émotion me submerge. Marseille va me manquer, mon frère aussi. Mais Casablanca me manque déjà terriblement.

 

Aujourd’hui, je ne suis plus sur le petit balcon face à la méditerranée, mais au bord du Rhône, à Arles. Une magnifique lumière du printemps éclaire la ville. Le soleil est chaud sur le visage.

 

Ce matin, j’étais dans une grande église. Elle est très ancienne et très sobre. Une belle musique remplie l’espace. Quand je suis rentré, on jouait de l’orgue, c’était la fin de la messe. C’est un endroit idéal pour se souvenir  de ma première visite du Monde avec François à la Vierge de la Garde. C’était déjà la 12 septembre 2001. L’air était clair et le ciel bleu sur Marseille.  Ce jour là  j’avais fait un vœu. Je me demande quel était-il ? S’est-il réalisé ? Finalement je suis un grand mystère. Mais c’est un défaut amusant !

 

Désormais je vais  plonger dans un nouveau temps, une nouvelle vie, à Arles, dans un petit studio sur la rue Sadi Carnot, sans date de retour chez mon frère, au gré de mes désirs. Avec David. Une vie normale avec des doutes et des inconstances mais surtout beaucoup d’amour et de respect.

 

David a le profil de ce qu’on appelle « l’homme de sa vie », il m’aime, il m’aime passionnément, et il attend le même amour en retour... J’aime David mais j’aime encore plus ma liberté, le sens de ma nouvelle vie... Et cela a un prix !

 

J’étais dans un dilemme, dans le désir avec la peur au ventre. J’avais un secret. Mon unique secret. Mon autre moitié. L’objet de mes amours. Ma liberté.

Le monde allait désormais tourner autour de cet homme qui lui faisait oublier tous les autres. Personne d’autre ne compterait autant que moi. Être aimé de lui. David vivait la passion, absolue. Elle ne pouvait être que poignante et tragique.

J’étais avec lui. Aimant et frustré. Mais Prêt à tout abandonner pour un rêve grand. Et toujours peureux. Dans une recherche désespérée de l’objet unique du désir. La liberté.

J’étais heureux et triste.  J’étais la, mais je ne pouvais plus continuer de regarder cet homme blessé, désorienté par la fulgurance de l’amour, pleurer, le pleurer, l’accompagner dans les larmes.

 

J’étais dans l’identification. Je rêvais. Je fantasmais. Je ne réfléchissais pas. Plus. J’avais mal. Le mektoub, j’y croyais fort. L’amour, j’y croyais aussi.  Mais  Je me rendais compte que je n’étais pas encore prêt de plonger dans la passion. J’étais en pleine bataille avec moi-même. En révolution. Le cœur en désordre.

 

L’histoire a duré un an, une année pleine d’amour, d’épreuves de maturité, des premiers pas vers mon indépendance, de nouveaux choix dans ma vie, de décisions sans aucune contrainte culturelle, de respirations…oui j’ai beaucoup grandi en l’espace d’une année sans le réaliser…sans me rendre compte que cela allait me servir bien plus tard... C’était grâce à David, à ma grande soif de liberté.

 

Pourquoi j’aspirais tant à être libre ? Pourquoi ce besoin irrépressible d’infini et d’absolu?

Aujourd’hui encore, je ne le sais pas. Aujourd’hui encore, je pleure quand je pense à ce moment précis. Maudit, un jour je serais maudit en amour.

 

Par un marocain
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Mardi 25 novembre 2008




Ils se sont rapprochés de moi, très près de moi. L'un a mis une main sur mon épaule, l'autre a commencé à palper mes fesses. Ils semblaient très excités par mes fesses. Leurs visages montraient une détermination absolue. Ils n'allaient pas me lâcher facilement.


Je tremblais. Le temps ne passait plus. Aucun bruit. La peur de ce qui allait arriver. Mon corps qui n'en pouvait plus. Il était entrain de se transformer. Cela n'allait pas tarder à arriver : quitter définitivement l'enfance douce et terrible. J'étais en pleine mutation. J'allais vite devenir un homme. Je le voyais. Je le sentais. Mais je ne le comprenais pas.


Les yeux toujours méchants, ils avaient compris que j'avais peur, que je ne pouvais que leur obéir. D'un geste violent ils m'ont retourné sur le ventre pour avoir tout à eux mes fesses. Ils m'ont retiré le slip.


Personne n'avait été encore au fond de moi. J'avais encore une identité. Une histoire.


Le plus grand des deux était si prés de ma peau, dans un instant complètement nu. Se donner à lui, oui peut être oui, ailleurs.


Ailleurs, je l'aurai laissé pénétrer mon corps. Me donner du plaisir longuement par touches de sensualité. Explorer les lignes de ma peau. Me toucher et me mordre dans la lumière et l'obscurité.


Je ne trouvais rien à lui dire. Je me suis contenté de le regarder droit dans les yeux. Je voulais qu'il comprenne que je n'avais pas peur, qu'ailleurs je me serais donné à lui fier et heureux, mais qu'ici, sous sa loi, je ne pouvais que lui obier, malgré moi et sans plaisir lui obier. Visiblement il ne savait pas lire les signes des yeux.


Il était maintenant nu. Son sexe était dressé et, comme hors de lui, cherchait un chemin au milieu de mes fesses. C'est à ce moment là que j'ai réalisé ce qui allait physiquement m'arriver, se produire en moi. Exploser en moi. Pour la première fois. j'ai fermé mes fesses. j'ai fermé mes yeux. Avec force.

Il était sur moi. Il était lourd. Son odeur m'enveloppait tout entier. La sueur de son corps se mêlait à la mienne. Nous étions déjà liés que je le veuille ou non.


Il voulait plus. Vraiment entrer. Son sexe, de plus en plus dur, était en bataille. Mais je ne cédais pas. Autoritaire, vulgaire, l'autre a alors attrapé ma tête, ma tiré les cheveux,  "ouvre tes fesses!". J'ai ouvert mes yeux. Je me suis retourné vers lui. Il était surpris. Dans mes yeux, Il lisait enfin autre chose que la peur et la soumission. Cette soumission a transformé ma vision. Le désir n'est pas une douleur qu'il faudrait soulager. La bataille a commencé, plus violente qu'avant. J'étais en colère et excité. On se donnait des coups, on se roulait par terre. On ne jouait plus. C'était devenu une affaire d'honneur pour nous. L'honneur des hommes. L'honneur de nos vies futures.


Les choses ne se passaient plus comme ils avaient prévu. Je n'étais plus dans la peur, dominé et faible. J'étais capable de me battre et de résister. C'est à ce moment là qu'un passant m'a sauvé. Il a crié: " Arrêtez ! Arrêtez !".  C'était  visiblement un bon musulman. Ils se sont relevés rapidement. Ils se sont décollés de mon corps. Ils m'ont enfin quittés.


Je ne savais pas ou aller après ça, ou atterrir. Je commençais à courir. Pour sauver ma peau. Mon âme. Je courais, je courais. Je courais sans rien dire. Sans but. Je courrais vers moi inconnu, retrouvé. perdu. J'ai continué de courir. Toujours vite. Toujours vite  à en mourir. J'ai couru longtemps. Par la bouche grande ouverte, j'avalais l'air, je ne sentais plus mes pieds nus, sales.  J'ai couru toute la nuit avant de retrouver ma maison. Tout le monde a passé la nuit à ma recherche, mes parents, mes frères, mes soeurs, mes voisins...Tout le quartier était  chez nous. Et un seul homme en djellaba d'hiver était assis devant la maison, il m'attendait, il priait. C'était la première fois que je le voyais pleurer. Une tendresse infinie. Un abandon total. Un homme qui a oublié d'être un homme. Il pleurait et ses larmes inondaient son djellaba. Cet homme, qui ne parlait pas beaucoup, qui aimait le Prophète, c'était mon père, mon gentil père. Mon adorable petit père.


Quand je me force à retrouver des moments passés avec mon père, mon gentil père, c'est surtout ce moment la que je retrouve dans ma mémoire.


Je n'ai rien oublié de mon autre vie, de mon enfance. Je me rappelle tout maintenant. Ce garçon qui était grand arrogant et légèrement barbu. oui il était beau malgré tout.


Ma mémoire examine mon corps. Son corps a laissé son empreinte malgré tout. Une cascade d'empreintes. L'élégance des poils de son sexe, la courbe de ses fesses, la finesse de ses lèvres, la légèreté de ses cheveux, les proportions de son corps , le ton impératif, parfois perturbé de sa voix, les poils de ses joues, la largeur de ses épaules...je pourrais parler de son corps encore et encore. il est pour moi odeurs. il s'est imprimé en moi. son corps a marqué le mien.


Mais je reste révolté, je reste confiant. Car je veux encore, par amour, pour vivre, pour prouver que j'existe, que je pense, que je ressens... Je veux aimer encore et encore. Et j'ai à nouveau le contrôle de mon histoire.


Par un marocain
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Lundi 24 novembre 2008




Pendant plusieurs années, mon enfance, mon adolescence, l'essentiel  de ma vie s'est déroulé dans ma chambre, une pièce qui donnait sur la rue 36. Quatre murs qui ne protégeaient pas vraiment des bruits de l'extérieur. Une chambre pour rêver, penser, enregistrer dans sa mémoire, dans sa peau, ce qui faisait ma vie, tout expérimenter, tout sentir et plus tard tout se remémorer.


J'ai des frères, des soeurs, beaucoup de frères et soeurs, je suis le petit dernier.  Pendant longtemps me suis demandé si j'étais un enfant désiré, l'enfant de l'amour, pourtant j'avais la réponse, ma mère m'avait dit que s'est arrivé par hasard. Moi je pense que c'était pour assumer son devoir conjugal et rendre son homme heureux.

Même après avoir donné vie à plusieurs enfants, leur désir l'un pour l'autre était encore intact, mystérieusement intact.

Mais je suis un garçon, et un garçon est, quoi qu'il arrive, un signe positif, synonyme de bonne fortune, de richesse, de bonheur.
Je rêvais d'être fils unique, d'avoir un père, une mère rien que pour moi tout seul, c'est enfantin, je sais. C'est même idiot, pour certains. Je m'en fous. C'était comme ça dans ma tête, et c'est peut être légitime de le penser.


Seul. Méfiant. Sans confident. Fou. A chaque pas, de plus en plus fou. A chaque pas heureux, triste. Je ne me rappelle pas tout de mon enfance. Je ne me rappelle rien maintenant à vrai dire. Mais ça va venir je le sais...


Je vois des mots, j'entends des voix, je vois une image, la même image encore et encore. C'est flou, ça finira par se préciser. J'attends. Je n'écris plus...


C'est flou, c'est violent, c'est même très excitant. Je ne respire plus. Je ferme les yeux. Je me concentre davantage. Je me relâche. J'ai peur. Je regarde le ciel puis mes pieds un peu sales. Oui, c'est en train de revenir à ma tête, à ma mémoire, à mon corps. Je le sens. ça vient. Mon coeur s'emballe. Ma peau se détend. Je lève la tête, j'ouvre un oeil et je regarde ce qui descend. Je me souviens de tout maintenant...


C'est moi. Moi. Petit des années 80. C'était l'automne, en plein automne. Je marchais dans les impasses de mon quartier; à la recherche de je ne sais quoi. J'avais 11ans. L'enfance ne m'avait pas quitté. Elle ne me quittera jamais d'ailleurs.
J'ai quitté mon quartier. Je me suis retrouvé sans l'avoir voulu dans un autre, loin de chez moi, en territoire inconnu. Un malheur allait m'arriver.


Le monde était vide, c'était un soir sans lumières, des maisons modestes, non finies, un décor désert, oublié depuis bien longtemps, sans vie, sans circulation, sans foule. Nous étions dimanche. La peur m'avait choisi. Elle avançait vers moi. Elle me voyait bien. J'avançais vers elle. Je ne la voyais pas.
Deux garçons sont venus à moi. Ils étaient tout d'un coup devant moi. Je savais ce qu'ils voulaient, Ce qui m'attendait. Mais je ne savais pas quoi faire. ils étaient plus grands que moi, légèrement barbus. Dans ma tête, je voyais déjà ce que nous allions faire. Se dénuder. Se toucher. Peut être plus. Moi petit. Eux grands. J'aurai pu crier, sauver ma peau..mais dans la peur je m'interrogeais, que va-t-il m'arriver?



Par un marocain
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Vendredi 26 septembre 2008




"L'homme aux longs cheveux bouclés", Abû-Nuwâs est l'un des poètes arabes les plus célèbres du 8ème siècle. Est-il le plus grand poète arabe? Le roi de la satire. Mais la grande affaire d'Abû-Nuwâs, ce qui a établi sa renommée, c'est la poésie érotique et bachique. A travers son oeuvre, c'est son caractère qui transparaît, celui d'un jouisseur, d'un libertin, d'un chantre de la joie de vivre.


Mieux que fille vaut garçon

J'ai quitté les filles pour les garçons
et, pour le vin vieux, j'ai laissé l'eau claire.
Loin du droit chemin, j'ai pris sans façon
celui du péché, car je le préfère.
J'ai coupé les rênes et sans remords
j'ai enlevé la bride avec le mors.

Me voilà tombé amoureux d'un faon
coquet, qui massacre la langue arabe.
Brillant comme un clair de lune, son front
chasse les ténèbres de la nuit noire.
Il n'aime porter chemise en coton
ni manteau de poil du nomade arabe.
Il s'habille court sur ses fines hanches,
mais ses vêtements ont de longues manches.
Ses pieds sont chaussés et, sous son manteau,
le riche brocart offert se devine.
Il part en campagne et monte à l'assaut,
décoche ses flèches et ses javelines.
Il cache l'ardeur de la guerre et son
attitude au feu n'est que magnanime.
Je suis ignorant, en comparaison
d'un jeune garçon ou d'une gamine.
Pourtant, comment confondre une chienne qui est
ses règles chaque mois et mit bas chaque année,
avec celui que je vois à la dérobée:
je voudrais tant qu'il vînt me rendre mon salut!
Je lui laisse voir toutes mes pensées,
sans peur du muezzin et de l'imâm non plus.


La trace d'un baiser

Toi qui effaces mon baiser,
tu t'étais pourtant laissé faire...
As-tu pris peur -je me demande-
que ton maître te réprimande?
Mais un baiser laisse son trace
qui montre bien que l'on t'embrasse.
Sais-tu ce qu'il te reste à faire?
Rien d'autre qu'à recommencer.
En voilà une belle affaire!
Reviens donc te faire embrasser!
Car je n'ai plus, sur ta joue ronde,
que ce baiser qui vagabonde.


Dieu me pardonne!

Il est vrai, ô mon Dieu : grande est ma vilenie,
mais Ta clémence, je le sais, est infinie.
Si , seuls, les vertueux osent garder l'espoir,
Qui donc peut invoquer le pécheur, en Qui croire?
Je t'implore, Seigneur, avec humilité.
Ne me repousse pas! Toi seul auras pitié.
Je n'espère qu'en Toi, bienfaiteur et clément,
car enfin, aprés tout, je suis un Musulman...


poèmes traduits de l'arabe, mais lus en arabe, c'est un autre délice... Ainsi parlait Abû-Nuwâs. S'il avait été vivant au 21ème siècle, aurait-il osé cette audace insolente et insolite? cette impertinence?

 
Par un marocain
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Jeudi 25 septembre 2008




19h. La maison au coucher du soleil.

Nous voici tous les deux. Encore surpris d'être là, face à face.

Peu à peu nos deux corps s'apprennent l'un l'autre. Déjà je suis ivre de ta bouche. Ton coprs dans mes bras. Ton rire frais. Je pénétre ton corps. Donnons nous l'un à l'autre. Etourdissement de plaisir. Ta salive dans ma bouche. Nos corps ensemble. Rencontre. Rires.

    -tu es grave toi!

Ris, petit bonhomme, ris. J'adore ton rire clair. J'adore...Ainsi sont les choses.

Allons sur le port. Ivre de la mer. Une ville pour nous. Marseille. La mer pour nous, et l'ivresse entre nous. Je dois fumer.

Dormons bien sûr, dormons!!! Rêvons d'être là, ensemble. J'adore partager avec toi, découvrir avec toi.

   -nous irons à la Vierge de la garde demain..


J'aime les églises, j'aime Marseille, ma nouvelle ville, je la découvre par touches discrètes. Suis-je entrain de trahir Casablanca?


L'histoire continue.


" C'est sympa de venir ce soir, et puis j'aime bien l'idée et la réalité de boire un thé dans un café sur le Cour Belsunce.."

Comme dans les films, le serveur qui observe les clients, la télévision immense qui attire l'oeil (avec des images sensuelles), les bruits de verre, le thé un peu amer, la monnaie que l'on attend............belle mise en scène, et la foule qui passe derrière nous, des dizaines de figurants involontaires, nos regards qui se croisent et se fuient. Tu étais apaisé, heureux, assuré....
Le 83 s'en va sur la Canebière. Fin de la séquence.

Et si on fait l'amour?.... Pour être nus, nu dans tes bras, seul dans tes bras. Ne pas parler. Te ressentir. Me ressentir. Nous sentir fragile ensemble, et sans réserve aimer ton corps, sans réserve t'aimer. S'endormir. Etre cette présence. Cette présence qui rendrait la lumière inutile dans tes nuits. Etre cela pour toi, même parfois, même rarement. Et savoir que tu le voudrais aussi. Et savoir que tu le veux aussi. Me remplir de bonheur.

J'aime penser que cette nuit ensemble a forgé une douce intimité complice entre nos deux chemins de vie. Un instant a passé. Un instant heureux. Une nuit magique et pleine d'émotions. Une nuit de plaisir. La vie nous donne parfois de belles choses à vivre. Je me sens exister autrement, je me sens aimé et j'aime.

 "Mais pourquoi tu n'habites pas Marseille...". La vie ensemble est tellement agréable et légère. "On doit se quitter...est-ce vraiment nécessaire?"

A chacune de nos rencontres, je te connais bien sûr un peu mieux, et je t'aime davantage. J'aime ce que tu es, ce que tu montres. Lentement je m'émerge dans ton monde.

Le 21 février 2002, tu étais en stage de sophrologie à St Thomas de Cognac. Tu m'as écrit..

"Je suis là, loin de toi, et pourtant tu es présent dans mes pensées. Je pense à ton sourire, celui qui fuit les objectifs des appareils photo! et j'ai envie de sourire moi aussi. Je t'imagine sur ton canapé et je me sens plus proche de toi malgré cette distance geographique insupportable.. je veux que mes mots restent modestes mais je ne pense pas exagérer lorsque je dis que je n'ai jamais ressenti une telle harmonie de sentiments, de réflexions et de sensibilité. Je souhaite que tu partages mon avenir et que ma vie soit aussi la tienne. Je pense très fort à toi..."


Bientôt je vais devoir quitter Marseille, la mer et mon frère. Un sacrifice pour mon indépendance, ma liberté, pour une histoire. Et j'ai envie de grandir. J'ai envie d'aimer mieux.

"le lieu n'est pas important, ce qui est important c'est ce que nous sommes".
Par un marocain
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Mercredi 27 février 2008

traversee03.jpg

Janvier 2002

Poursuivons notre promenade parmi les chambres d’écriture.
 

Une histoire commence… courte ou longue, je ne sais, mais j’aime son début..

 

Il a surgit dans ma vie un jeudi du mois de janvier. Tout de suite j’ai su qu’il serait important. Il a marqué mon esprit. J’ai décrit et écrit les émotions qu’il a fait naître en moi pour en garder intacte la mémoire. Il s’appelle David.

 

Je rencontre David pour la première fois un jeudi. Un superbe soleil. Je suis bien avec lui près de l’eau à Malmousque, assis sur un rocher face à la mer en regardant le soleil se coucher. C’est un endroit idéal pour se souvenir d’un moment magique.

 

Magie d’être là, magie de vivre ce moment, magie de la rencontre, magie d’être troublé, transporté par une présence, la mer, un coucher de soleil…

 

Je suis là et j’ai envie d’aimer à nouveau. Qui l’empêche ? Aimer pour l’ivresse de l’amour, aimer pour le bonheur de l’amour, aimer pour l’aventure de l’amour, et simplement s’aimer sans penser plus. J’ai à nouveau le contrôle de mon histoire. Je ne subis plus le Monde !

 

Quel beau cadeau d’être venu, quel beau cadeau de m’inviter à ce coucher de soleil. Un coucher de soleil pour nous, la mer pour nous, et l’ivresse entre nous…  

 

David habite à Châteaurenard. David est un ex toréro. Il vient de renouer le contact avec son ex-femme pour son plus grand bonheur. Il a des projets professionnels, il veut reprendre ses études et devenir ergothérapeute. Il est donc en ce début d’année 2002 pleinement épanoui, fier d’être heureux et surtout célibataire !

 

Sur les yeux, des lunettes noires hermétiques. Hésitations. Quelques mots pour se connaitre. Il m’observe. Il me scrute. Peut-être surpris par les accents de ma voix ? Une histoire, quelques mots, des images, de vertigineuses sensations. Nous nous découvrons par touches discrètes. Son rire frais. J’adore son rire clair. Son humour est sa force.

 

       - Et tu aimes la mer ?

Serions-nous déjà complices ? J’aime le penser.

Un instant a passé. Un instant heureux. J’aime le point de départ de cette histoire. Nos yeux tournés vers la mer. Un point de l’horizon rougeoyant.

 

Rentrons dans l’intimité de la maison. Embrassons-nous ! Première ivresse et joie…

 
 
Par un marocain
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Mercredi 13 février 2008



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Dimanche 21 octobre 2001 (la date est importante)
 

Je suis sur le balcon chez mon frère, sans lumière. La mer est une étendue noire. Je lis la lettre que François m'a écrite. Une lettre de rupture ?


« Cette vie ne sera pas celle de notre amour possible. L’insouciance de notre première nuit ensemble, c’était le 11 septembre 2001. Une date que le hasard a faite importante aussi pour l’Histoire de l’Humanité. Donc une date impossible à oublier. Cette date est inscrite dans ma biographie. Une biographie, un regard déjà lointain sur sa propre vie passé. Je garde le plus beau, les moments où en me rejoignant ton cœur battait un peu plus vite. J’ai vécu ces derniers jours aux rythmes de ta voix, de ton esprit, de ton corps, je sais que je te  garderais encore longtemps au fond de moi. »


Oui, c’est bien une lettre de rupture. Douleureuse pour lui. Un soulagement pour moi ? Il aime François (son copain s'appelle François aussi!) avec qui il est depuis 14ans, mais il m'aime aussi, différemment bien sûr, car 14ans et un mois ne sont pas comparables, Pour lui, nous sommes deux et un à la fois, nous sommes l'autre, celui qu'il veut atteindre, qu'il effleure, mai qui reste inaccessible. Mais il veut encore. Par amour, pour vivre, pour prouver qu'il existe, qu'il pense, qu'il ressents...Il se laisse aller à la rêverie.


Il sonne chez moi. Il me réveille. J'ouvre mes bras et je lui dis "je t'attendais, je rêvais de toi,". Mais il me laissera dormir. Je dois travailler tôt, je dois vivre.

François. c'est une grande rencontre, c'est la rencontre de deux corps, de deux sensualités. Cela reste une révélation d'émotions érotiques, sensuels et sexuels. C'est un ensemble de message que nous échangions dans les temps précieux que nous passions ensemble. Je n'oublierai jamais et je lui remercie de ce si beau cadeau. Je le sentais vibrer sous mes caresses et je vibrais sous les tiennes. J'ai adoré son corps. Son coprs que j'imagine maintenant loin, trés loin. Je ne connaitrais plus son corps, c'est une douleur.

Pourquoi la décision d'arrêter cette relation est-elle douloureuse?

J’ai entrouvert une porte, par cette porte, j'ai aperçu un univers que j'avai envie d’aimer et de découvrir. La porte se referme. Les ponts que nous jettons vers les autres, le pont que nous avons construit entre nous, ces ponts donnent l'énergie et l'envie de vivre. Un pont qui se rompt, c’est un espoir qui s’envole, se dissout, et puis surtout c’est la monstrueuse démonstration de notre finitude. Voilà le plus douloureux.

Par touches successives, j'ai découvert un monde et ce monde m'a déstabilisé. Trop d'événements sont venus troubler ma pensée.


Je reste révolté, je reste confiant. Je veux aimer encore et encore. Et puis j’ai envie encore et encore de faire l’amour, d’inventer de nouvelles caresses, vivre d’autres sensations, d’autres plaisirs. J’ai envie de découvrir des choses encore et encore...je suis un forcené du désir de liberté. J’entretiens ce désir, je ne laisse aucune chaine entraver ma marche vers la réalisation de ma vie. J’essaye d’éliminer les mauvais sentiments qui font entrave à ma liberté : la colère, la culpabilité, la peur, les angoisses… je développe les points positifs, et je minimise ceux qui ne le sont pas. Je ne dis pas que c’est facile ni que j’y réussis toujours mais lorsque j’y arrive je rayonne de bonheur et ouvre ainsi des portes vers le monde de tous les possibles de moi-même.

Evoluer soi-même rend heureux. S’élever au dessus de ses douleurs. Vouloir toujours monter plus haut. C’est ça le bonheur et la liberté. Cela n’a rien d’intellectuel. C’est l’intelligence du cœur.


Une fin d’année 2001 pleine d’interrogations. Une page se tourne. Maintenant tout est possible, plus d’interdits. J’ai conquis ma liberté !

Je suis émerveillé par la vie, ma nouvelle vie, ma nouvelle vie à Marseille. Je pense encore a Casablanca mais je suis heureux  car j’ai donné un sens à ma nouvelle vie, être libre enfin.

Par un marocain
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Lundi 11 février 2008

 

 

 

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octobre 2001


François est un intellectuel, un passionné de voyage, il aime parler, beaucoup. Il aime aussi faire l’amour pendant des heures où n’existeraient ni avant ni après, des heures où nous jouissons mille fois.
 

Il me dit :

 

        -je sais que je suis amoureux, car faire l’amour avec toi avec toute simplicité me transporte dans un autre univers immédiatement.

 

        -nous nous lasserons un jour !

 

        - peut-être, je ne lis pas l’avenir.

 

        -il n’y a pas d’avenir, tu as déjà un copain !

 

      -il y a l’avenir que l’on veut construire avec joie. Le temps que l’on veut partager, le chemin que l’on veut faire vers l’autre pour l’aimer, le comprendre, l’accompagner dans ses joies et ses douleurs. On ne risque rien si ce n’est de vivre plus !

 

Je ne suis pas amoureux de François. Je n'en ai pas le droit. Mais j’aime l’idée qu’il me fasse découvrir ce monde dans lequel je mets les pieds, m’accompagner dans ma découverte, m’aider parfois s’il le faut. Le découvrir lui aussi bien sûr. J’aime surtout l’écouter parler pendant des heures, et je ne m’en lasse pas !

 

Mais je rêve déjà  de repartir sur les chemins de l’aventure, de ma liberté.

 

Loin d’Ahmed. Ahmed c’est mon frère, mon grand frère qui m’a accueilli chez lui à Marseille.  

Quand j’étais petit, il m’emmenait souvent en vacances. On partait souvent  l’été à Marrakech, Ouarzazate, Essaouira. Ahmed, il aimait beaucoup voyager. Quand il rentrait l’été au Maroc, il ne restait jamais à la maison. Il m’a fait découvrir mon Maroc, à sa manière.  Je le voyais que pendant les vacances d’été. A l’époque je ne savais pas ce qu’il faisait en France, loin de nous. J’avais dix ans et j’étais en admiration pour ce grand frère mystérieux. En son absence, je regardais nos photos de vacances. Je l’aimais beaucoup ce frère presque inconnu, j’adorais ses longs cheveux bouclés, très noirs, je connaissais son odeur, j’adorais son parfum « le male » ! Tout en mon frère me plaisait, il était beau, très beau.

 

À la fin de chaque été j’étais triste de le voir partir, triste de voir ma mère pleurer, triste de ne pas passer l’automne, l’hiver, le printemps avec lui à Marrakech, à Essaouira ou à Casablanca même.

 
 

À Marseille, c’est différent, étrange... Je n’ai plus dix ans mais vingt trois ans.

 

Il n’y a pas de conversation possible avec lui. Dans le silence, on se contente de manger  ensemble le soir. Cela m’énerve beaucoup. J’ai souvent envie de lui demander de me raconter sa journée, sa vie, ses aventures, des histoires de la vie, mais c’est hors de question.

    - Le DEA se passe bien ?

    - Oui ça va ..

    - Tu as déjà pensé à ton sujet de mémoire ?

    - Non pas encore ..

     - Tu devrais en parler avec  le professeur Cartapanis,  c’est un bon collègue..  



Mon frère est prof à l’université, il peut me parler des études pendant des heures et des heures, mais rien de plus ! Et moi je crève d’envie d’être proches, d’être en famille,  de le connaître, qu’il me connaisse, qu’il sache qui je suis réellement, qu’il comprenne pourquoi  j’ai quitté le Maroc…

 

Pourquoi avoir quitté le Maroc finalement ?  Je suis souvent seul chez mon frère.  Je cherche de nouveaux repères sans ma famille, sans mes amis, avec une mémoire chargée de souvenirs. Je me crois fort, maîtrisant et choisissant ma vie. Je me surprends  d’être si fragile. Je suis encore très fragile. J’ai la nostalgie de Casablanca.


Je suis triste. Et Ahmed n'est jamais là...

Je sais que je ne serai pas l’homme qu’il est, mais je crois toujours que nous avons des moments forts à partager ensemble. Nos routes vont bientôt s’écarter, mais j’espère déjà l’instant ou nous nous retrouverons comme deux frères qui ne se sont jamais quittés.

Par un marocain
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