Mercredi 27 février 2008

traversee03.jpg

Janvier 2002

Poursuivons notre promenade parmi les chambres d’écriture.
 

Une histoire commence… courte ou longue, je ne sais, mais j’aime son début..

 

Il a surgit dans ma vie un jeudi du mois de janvier. Tout de suite j’ai su qu’il serait important. Il a marqué mon esprit. J’ai décrit et écrit les émotions qu’il a fait naître en moi pour en garder intacte la mémoire. Il s’appelle David.

 

Je rencontre David pour la première fois un jeudi. Un superbe soleil. Je suis bien avec lui près de l’eau à Malmousque, assis sur un rocher face à la mer en regardant le soleil se coucher. C’est un endroit idéal pour se souvenir d’un moment magique.

 

Magie d’être là, magie de vivre ce moment, magie de la rencontre, magie d’être troublé, transporté par une présence, la mer, un coucher de soleil…

 

Je suis là et j’ai envie d’aimer à nouveau. Qui l’empêche ? Aimer pour l’ivresse de l’amour, aimer pour le bonheur de l’amour, aimer pour l’aventure de l’amour, et simplement s’aimer sans penser plus. J’ai à nouveau le contrôle de mon histoire. Je ne subis plus le Monde !

 

Quel beau cadeau d’être venu, quel beau cadeau de m’inviter à ce coucher de soleil. Un coucher de soleil pour nous, la mer pour nous, et l’ivresse entre nous…  

 

David habite à Châteaurenard. David est un ex toréro. Il vient de renouer le contact avec son ex-femme pour son plus grand bonheur. Il a des projets professionnels, il veut reprendre ses études et devenir ergothérapeute. Il est donc en ce début d’année 2002 pleinement épanoui, fier d’être heureux et surtout célibataire !

 

Sur les yeux, des lunettes noires hermétiques. Hésitations. Quelques mots pour se connaitre. Il m’observe. Il me scrute. Peut-être surpris par les accents de ma voix ? Une histoire, quelques mots, des images, de vertigineuses sensations. Nous nous découvrons par touches discrètes. Son rire frais. J’adore son rire clair. Son humour est sa force.

 

       - Et tu aimes la mer ?

Serions-nous déjà complices ? J’aime le penser.

Un instant a passé. Un instant heureux. J’aime le point de départ de cette histoire. Nos yeux tournés vers la mer. Un point de l’horizon rougeoyant.

 

Rentrons dans l’intimité de la maison. Embrassons-nous ! Première ivresse et joie…

 
 
par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 13 février 2008



maroc14.jpg



Dimanche 21 octobre 2001 (la date est importante)
 

Je suis sur le balcon chez mon frère, sans lumière. La mer est une étendue noire. Je lis la lettre que François m'a écrite. Une lettre de rupture ?


« Cette vie ne sera pas celle de notre amour possible. L’insouciance de notre première nuit ensemble, c’était le 11 septembre 2001. Une date que le hasard a faite importante aussi pour l’Histoire de l’Humanité. Donc une date impossible à oublier. Cette date est inscrite dans ma biographie. Une biographie, un regard déjà lointain sur sa propre vie passé. Je garde le plus beau, les moments où en me rejoignant ton cœur battait un peu plus vite. J’ai vécu ces derniers jours aux rythmes de ta voix, de ton esprit, de ton corps, je sais que je te  garderais encore longtemps au fond de moi. »


Oui, c’est bien une lettre de rupture. Douleureuse pour lui. Un soulagement pour moi ? Il aime François (son copain s'appelle François aussi!) avec qui il est depuis 14ans, mais il m'aime aussi, différemment bien sûr, car 14ans et un mois ne sont pas comparables, Pour lui, nous sommes deux et un à la fois, nous sommes l'autre, celui qu'il veut atteindre, qu'il effleure, mai qui reste inaccessible. Mais il veut encore. Par amour, pour vivre, pour prouver qu'il existe, qu'il pense, qu'il ressents...Il se laisse aller à la rêverie.


Il sonne chez moi. Il me réveille. J'ouvre mes bras et je lui dis "je t'attendais, je rêvais de toi,". Mais il me laissera dormir. Je dois travailler tôt, je dois vivre.

François. c'est une grande rencontre, c'est la rencontre de deux corps, de deux sensualités. Cela reste une révélation d'émotions érotiques, sensuels et sexuels. C'est un ensemble de message que nous échangions dans les temps précieux que nous passions ensemble. Je n'oublierai jamais et je lui remercie de ce si beau cadeau. Je le sentais vibrer sous mes caresses et je vibrais sous les tiennes. J'ai adoré son corps. Son coprs que j'imagine maintenant loin, trés loin. Je ne connaitrais plus son corps, c'est une douleur.

Pourquoi la décision d'arrêter cette relation est-elle douloureuse?

J’ai entrouvert une porte, par cette porte, j'ai aperçu un univers que j'avai envie d’aimer et de découvrir. La porte se referme. Les ponts que nous jettons vers les autres, le pont que nous avons construit entre nous, ces ponts donnent l'énergie et l'envie de vivre. Un pont qui se rompt, c’est un espoir qui s’envole, se dissout, et puis surtout c’est la monstrueuse démonstration de notre finitude. Voilà le plus douloureux.

Par touches successives, j'ai découvert un monde et ce monde m'a déstabilisé. Trop d'événements sont venus troubler ma pensée.


Je reste révolté, je reste confiant. Je veux aimer encore et encore. Et puis j’ai envie encore et encore de faire l’amour, d’inventer de nouvelles caresses, vivre d’autres sensations, d’autres plaisirs. J’ai envie de découvrir des choses encore et encore...je suis un forcené du désir de liberté. J’entretiens ce désir, je ne laisse aucune chaine entraver ma marche vers la réalisation de ma vie. J’essaye d’éliminer les mauvais sentiments qui font entrave à ma liberté : la colère, la culpabilité, la peur, les angoisses… je développe les points positifs, et je minimise ceux qui ne le sont pas. Je ne dis pas que c’est facile ni que j’y réussis toujours mais lorsque j’y arrive je rayonne de bonheur et ouvre ainsi des portes vers le monde de tous les possibles de moi-même.

Evoluer soi-même rend heureux. S’élever au dessus de ses douleurs. Vouloir toujours monter plus haut. C’est ça le bonheur et la liberté. Cela n’a rien d’intellectuel. C’est l’intelligence du cœur.


Une fin d’année 2001 pleine d’interrogations. Une page se tourne. Maintenant tout est possible, plus d’interdits. J’ai conquis ma liberté !

Je suis émerveillé par la vie, ma nouvelle vie, ma nouvelle vie à Marseille. Je pense encore a Casablanca mais je suis heureux  car j’ai donné un sens à ma nouvelle vie, être libre enfin.

par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 11 février 2008

 

 

 

undefined

 


octobre 2001


François est un intellectuel, un passionné de voyage, il aime parler, beaucoup. Il aime aussi faire l’amour pendant des heures où n’existeraient ni avant ni après, des heures où nous jouissons mille fois.
 

Il me dit :

 

        -je sais que je suis amoureux, car faire l’amour avec toi avec toute simplicité me transporte dans un autre univers immédiatement.

 

        -nous nous lasserons un jour !

 

        - peut-être, je ne lis pas l’avenir.

 

        -il n’y a pas d’avenir, tu as déjà un copain !

 

      -il y a l’avenir que l’on veut construire avec joie. Le temps que l’on veut partager, le chemin que l’on veut faire vers l’autre pour l’aimer, le comprendre, l’accompagner dans ses joies et ses douleurs. On ne risque rien si ce n’est de vivre plus !

 

Je ne suis pas amoureux de François. Je n'en ai pas le droit. Mais j’aime l’idée qu’il me fasse découvrir ce monde dans lequel je mets les pieds, m’accompagner dans ma découverte, m’aider parfois s’il le faut. Le découvrir lui aussi bien sûr. J’aime surtout l’écouter parler pendant des heures, et je ne m’en lasse pas !

 

Mais je rêve déjà  de repartir sur les chemins de l’aventure, de ma liberté.

 

Loin d’Ahmed. Ahmed c’est mon frère, mon grand frère qui m’a accueilli chez lui à Marseille.  

Quand j’étais petit, il m’emmenait souvent en vacances. On partait souvent  l’été à Marrakech, Ouarzazate, Essaouira. Ahmed, il aimait beaucoup voyager. Quand il rentrait l’été au Maroc, il ne restait jamais à la maison. Il m’a fait découvrir mon Maroc, à sa manière.  Je le voyais que pendant les vacances d’été. A l’époque je ne savais pas ce qu’il faisait en France, loin de nous. J’avais dix ans et j’étais en admiration pour ce grand frère mystérieux. En son absence, je regardais nos photos de vacances. Je l’aimais beaucoup ce frère presque inconnu, j’adorais ses longs cheveux bouclés, très noirs, je connaissais son odeur, j’adorais son parfum « le male » ! Tout en mon frère me plaisait, il était beau, très beau.

 

À la fin de chaque été j’étais triste de le voir partir, triste de voir ma mère pleurer, triste de ne pas passer l’automne, l’hiver, le printemps avec lui à Marrakech, à Essaouira ou à Casablanca même.

 

J’en pleure tellement j’aimais mon frère, tellement il m’a donné du bonheur.

 

À Marseille, c’est différent, étrange... Je n’ai plus dix ans mais vingt trois ans.

 

Il n’y a pas de conversation possible avec lui. Dans le silence, on se contente de manger  ensemble le soir. On ne se regarde pas. Cela m’énerve beaucoup. J’ai souvent envie de lui demander de me raconter sa journée, sa vie, ses aventures, des histoires de la vie, mais c’est hors de question. Une barrière trop grande nous empêche de nous parler naturellement, familièrement. Avec lui toute parole est réduite à son strict minimum.

    - Le DEA se passe bien ?

    - Oui ça va ..

    - Tu as déjà pensé à ton sujet de mémoire ?

    - Non pas encore ..

     - Tu devrais en parler avec  le professeur Cartapanis,  c’est un bon collègue..  



Mon frère est prof à l’université, il peut me parler des études pendant des heures et des heures, mais rien de plus ! Et moi je crève d’envie d’être proches, d’être en famille,  de le connaître, qu’il me connaisse, qu’il sache qui je suis réellement, qu’il comprenne pourquoi  j’avais quitté le Maroc…

 

Pourquoi avoir quitté le Maroc finalement ?  Je suis souvent seul chez mon frère.  Je cherche de nouveaux repères sans ma famille, sans mes amis, avec une mémoire chargée de souvenirs. Je me crois fort, maîtrisant et choisissant ma vie. Je me surprends  d’être si fragile. Je suis encore très fragile. J’ai la nostalgie de Casablanca.

 

Je suis triste. Ahmed ne l’a pas remarqué. Je fais ma crise, en silence bien évidemment.

 

Je sais que je ne serai pas l’homme qu’il est, mais je crois toujours que nous avons des moments forts à partager ensemble. Nos routes vont bientôt s’écarter, mais j’espère déjà l’instant ou nous nous retrouverons comme deux frères qui ne se sont jamais quittés.

par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mercredi 30 janvier 2008

casablanca.jpg

Ma chère casablanca,

Sentiment étrange d'être loin, sentiment étrange de t'écrire, je me pose des questions sur ce que tu es devenue... Je joue seul à ce jeu magique, je ferme les yeux, je les ouvre, je te vois et puis je t'écris. Je me raconte les moments de joie ensemble...
Tu veux des nouvelles de moi?
Tu sais casa, en arrivant en france, il y avait un beau soleil, et maintenant il pleut...
Alors je suis miraculeuseument en route, dans la houle de ma passion, furieuse passion...
C'est le dialogue imaginaire de l'amour, un dialogue intérieur que je vis seul, qui m'échappe, qui me porte.
Aujourd'hui je suis une folle poussière, la folle poussière d'arles. Tu connais arles? Non! c'est pas grave...
Parfois mon cerveau s'emballe, alors je revis le passé. Lentement je m'émerge dans mon monde passé.. Un film se construit. Des élements apparaîssent : le décor, les multiples personnages, la varieté des expressions, des cartons, des tiroirs, du papier jauni, des photos sans couleurs...
Tu sais casa, la mémoire est chargée de rêves inaccomplies, de désirs à peine éxprimés.
Des évenements viennent troubler ma pensée. Pourquoi je suis si nostalgique ?
Je rêve de toi casa, de ma chambre, de mes amis, d'une manière d'être, de vivre. Ah mais je suis gay !! Ici c'est difficile, hostile même incompréhensible...Ne me dis pas ça !
C'est dans ma condition d'être humain qui vit, qui pense, qui aime que je me sens atteint. Et je me révolte contre ma condition humaine. Nous sommes renvoyés à la réalité de notre existence : être seul, affronter la vie et tracer son chemin. Ah finalement le lieu n'est pas important, ce qui est important c'est ce que nous sommes..!
Quand je pense à toi casa, à ta lumière, tes murs, le parfum de tes épices, tes vagues, tes rues, le bonheur me porte. Ce n'est pas un bonheur fermé, c'est le bonheur d'avoir partagé cela avec toi. Alors je collectionne et j'entretiens la mémoire des instants précieux..
Là en t'écrivant, (et c'est pour cela que j'écris j'en suis sûr) je suis avec toi, je vis et revis ce bonheur. Mais que vas-tu penser de cette lettre, un peu mélangée, je laisse venir les idées, les sensations, je cherche l'émotion en técrivant, et je la retrouve....Est-ce que je te manque ?
J'aimerais te revoir heureuse malgré tes malheurs.
Ton petit casawi
par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (9)    recommander
Dimanche 27 janvier 2008

La justice marocaine a maintenu des peines de prison contre six prévenus poursuivis pour homosexualité à la suite de la fête privée du mois de novembre dernier à Ksar El Kébir qualifiée par la presse de "mariage gay".
La Cour d'appel de Tanger a confirmé mardi la peine de 10 mois de prison contre le principal accusé, Fouad Friret, pour "homosexualité" et "commerce illégal d'alcool".
Elle a réduit de deux mois les peines des cinq autres âgés de 20 à 61 ans, dont trois avaient été condamnés à la mi-décembre à 6 mois de prison et deux autres à 4 mois.

Amnesty International s'est déclarée "préoccupée" par cette décision et a demandé la libération immédiate de "ces détenus d'opinion condamnés pour leur orientation sexuelle".

L'organisation de défense des droits de l'homme demande à l'Etat marocain de protéger ces six condamnés durant leur peine et après leur libération.

Elle insiste aussi pour que le Maroc dépénalise l'homosexualité "car l'article 489 du code pénal marocain qui la punit d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison est contraire aux conventions sur les droits de l'homme signées par le royaume".

Si le Maroc choisit de pénaliser l'homosexualité alors on retire sa signature et on dit haut et fort que notre pays a choisit une autre voie que celle des droits de l'homme.!!
Si le gouvernement marocain veut réprimer l'homosexualité, il risque d'avoir du travail car des gays et des bisexuels, ça manque pas au Maroc! A moins que le gouvernement ne considère pas la bisexualité comme un penchant homosexuel!!

Autre fait, alcool commerce illégal. Mais depuis quand ? L'alcool se vend dans les supers marchés, les restaurants et les bars!!

Nous assistons à la regression des libertés individuels. Nous allons pas dans le bon sens. Bientôt on va assister à des mecs qui vont s'introduire chez toi pour vérifier que tu fais bien le ramadan ou que t'as pas de bouteille de vins chez toi.

L'hypocrisie d'une Nation. Elle condamne ce qui l'arrange!!!
par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 26 janvier 2008

maroc12.jpg
Son comportement est changeant : il peut être attentif et doux, social et  à l'écoute des autres puis soudain il se referme et devient distant et même parfois blessant. Ce caractère schizophrénique est une dominante du personnage qui passe ainsi d'un état à l'autre.

Orgueilleux et narcissique, il aime beaucoup plaire mais il ne fera pas le premier pas vers l'autre. Il utilise parfois son pouvoir de séduction pour manipuler les autres.

Mais il sait aussi avoir un grand respect pour les autres, une grande sensibilité et une grande intelligence envers leurs souffrances quand il se reconnaît dans celles-ci.

Il peut être enthousiaste, plein de projets mais il est aussi neurasthénique, sans énergie et déprimé.

Il sait prendre des décisions fortes et douloureuses pour lui même car il veut choisir sa vie même si son passé le rattrape en permanence. Ainsi pour gagner sa liberté, vivre librement son homosexualité, préparer son avenir, il a mis 2000 kilomètres entre lui et sa famille, entre lui et son pays Son exigence vis à vis de  lui-même lui donne la force de tout sacrifier s'il le faut.

Il tente ainsi de modeler le monde pour qu'il soit comme il veut, quand il veut. "Mes lunettes noires me permettent de voir le monde comme j'ai envie qu'il soit, voilà pourquoi je les garde."

Mais la nostalgie du Maroc le poursuit et produit chez lui une douloureuse crise d'identité. Alors il recherche le Maroc, mais surtout il recherche sa famille, Hicham, Younes.

Sa famille, c'est le souvenir de sa mère qui pleure son départ mais qui ne reconnaît pas ce qu'il est. Hicham c'est le souvenir d'un premier amour inachevé. Younes, c'est l'homme  avec qui il avait pourtant rêvé de faire sa vie mais ils se sont abondonnés.
L'existence de ces souvenirs dans son esprit et dans sa chair bloque son désir de s'épanouir.

Les années sont pour lui des épreuves : culturelles, affectives, intellectuelles, matérielles. Il doit faire front. Sa maturité et sa liberté passent par une victoire sur tous les fronts.

Le personnage est donc en pleine révolution d'où l'instabilité de son comportement et son narcissisme.
Son narcissisme, sa rigidité et sa froideur lui permettent en apparence d'affronter la vie, de se rendre important mais ce comportement est une tentative pour dissimuler sa fragilité, les mutations en cours.

L'effet de l'alcool qui dilue le Surmoi est en ce sens très révélateur du fonctionnement du personnage : détendu par la boisson, il est affectueux, fragile, ouvert, à l'écoute. Il quitte enfin son masque. Mais l'alcool n'est évidemment pas la solution.........
par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 22 janvier 2008

autres-elements-architecturaux-chefchaouen-maroc-933343769-535978.jpg

le Maroc peut être fier de sa souplesse et de son ouverture par rapport aux autres pays arabes et musulmans, même s’il est targué d’être un pays homophobe. En Iran ou en Arabie saoudite, les homosexuels sont décapités ou lapidés jusqu’à la mort. Contrairement à la Tunisie, le Maroc ne censure pas les sites gay. Il est même une destination prisée par les homosexuels. Le grand écrivain Jean Genet, connu pour ses tendances homosexuelles masochistes, a séjourné à Tanger, dans les années soixante-dix, sans être perturbé. Le célèbre styliste Jean-Paul Gaulthier multiplie les voyages à Marrakech. Jacques-Henri Soumère, directeur général de l’opéra Mogador et du Massy, à Paris, homosexuel notoire, avait élu domicile dans une somptueuse villa à Marrakech avant d’être arrêté et jugé à un an de prison, non pas pour homosexualité mais pour pédophilie.


Autre fait exceptionnel, Abdellah Taïa, auteur de Mon Maroc, de Le Tarbouche Rouge et de L’Armée du Salut, revendique son homosexualité à travers ses écrits. Il est vrai qu’il vit actuellement en France, où il prépare une thèse de doctorat sur le peintre Fragonard, mais il anime souvent des rencontres et des débats dans des librairies et des centres culturels. Ses livres, où la sexualité est très présente, sont en vente libre. Lui-même avoue, dans une interview publiée dans le site Fluctuat, avoir vécu son homosexualité dans son pays natal. Pas dans le sens européen, mais il a vécu des “choses”.


Au Maroc, tant que les homosexuels vivent dans la clandestinité et ne sortent pas au grand jour, ils ne seront pas inquiétés. Il faut éviter les signes ostentatoires. Pas de démarche ni de gestuelle efféminées et pas d’habits choquants. Et, surtout, ne l’avouer ni à la maison ni à l’école ni dans son lieu de travail pour éviter de devenir la risée de tous. La discrétion est le premier mot. Alors, s’ils se cachent, comment les homosexuels se rencontrent-ils? Ils ont leurs cafés, leurs boîtes de nuit et leurs hammams. Ces lieux, rien ne les distingue, mais la communauté homosexuelle s’y donne rendez-vous en se passant le mot. Mais, le premier lieu de rencontres reste l’Internet. Les annonces de rencontres ne manquent pas. Il y a même un forum de discussions où ils peuvent exprimer les difficultés qu’ils rencontrent à assumer leur sexualité, leurs frustrations et leur exclusion.
par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Lundi 21 janvier 2008

detailgrillev.jpg

Mardi 4 septembre 2001


Le car arrive à Marseille par l'autoroute qui survole le port. Pendant un an, je vais donc vivre ici et peut-être parvenir à conquérir ma liberté. Je l'ai choisi. Je redoute seulement la cohabitation avec mon frère.

       15 heures. Mon frère sur le quai de la gare routière me sourit, le car  arrête enfin sa course. Je l'embrasse ce frère presque inconnu. Naturellement je ne sens plus mes jambes. Le métro, un bus. Son appartement donne sur la mer. Il m'explique sa vie. Il n'est pas souvent à Marseille. Cet appartement est un pied  à terre. Je me sens bien. Mais je veux téléphoner à Younes. La cabine est au coin de la rue face à la mer elle aussi.

        Discussion simple. Il veut que je revienne bien sûr mais refuse toujours de me rejoindre ici et même de me rendre visite.

      J'ai trois semaines avant l'entrée à la Faculté. Je cherche tous les lieux gays que j'avais trouvés sur internet. J'explore ce nouvel espace.


Vendredi 7 septembre 2001

        Je sors de la cabine du coin de la rue Younes a pris de me téléphoner tous les soirs à 17 heures. Je rencontre mon premier Français ici à Marseille. Je parle quelques minutes avec lui et nous fixons un rendez-vous pour le dimanche soir. Je reste seul, je pense à Younes, à mes études, à ce Français (il s'appelle François).
       
        Oublier Younes, vivre ici. Commencer une nouvelle vie, avoir de nouveaux repères, rompre avec ce passé.


Dimanche 9 septembre 2001

        Je retrouve François sur le Vieux Port, il marche vite, nous faisons le tour du port. Il parle beaucoup. Le temps que je passe avec lui se superpose aux souvenirs des moments passés avec Younes.

          Où suis-je ?

        Chez lui, nous mangeons, il parle toujours. Son copain arrive. Il n'est pas libre. A Casablanca, j'aurais arrêté la relation aussitôt mais il me plaît. Et puis je veux oublier Younes. Mais je n'ai pas envie de sexe ce soir. Je lui promets un autre rendez-vous.


Mardi 11 septembre 2001

        Je le retrouve chez lui directement. La nouvelle des attentats de New York me perturbe beaucoup. Il n'est pas au courant, je lui annonce, il est indifférent, il pense vraiment à autre chose. Il me désire. Une promenade sur le port. Et nous faisons l'amour. Avec beaucoup de tendresse. Je me sens très à l'aise, ses caresses sont remplies d'émotions. Je suis avec lui mais aussi à Casa, à Rabat.

          En pleine nuit nous dansons sur le Vieux Port, une valse devant l'Hôtel de Ville. Il est comme ivre.

        Le lendemain, je visite avec lui ma première église, je découvre Marseille d'en haut. Je ressens la liberté, je profite de ma liberté. Légèrement amoureux aussi peut-être... Mais c'est bon de se sentir désiré par cet homme que je connais à peine. Mais il a copain et j'ai mon D.E.A..

          Comment sera mon avenir ?
unti_bug_fck
par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 16 janvier 2008

284040-M4625ZJ7G53T334N5J4OXMOVX2D5SV-marrakech-medina-2-H200952-L.jpg

        - Votre date de naissance?

          Le médecin s'exprime en français, tant mieux ma mère ne comprendra pas.

        - 21 octobre 1977.
        - Vous avez donc 17 ans. A quel âge avez vous eu votre  premier rapport sexuel avec un garçon? Quel âge avait-il?
        - A  16ans, il avait mon âge.
        - Qu'avez vous fait ensemble?

        La question me déstabilise et m'exaspère. Je hais déjà cet homme. Pour lui mon amour pour Hicham se résume évidemment à savoir ce que nous avons fait avec nos sexes. Je reste muet.

        Il précise sa question inquisitrice :

        - Vous a-t-il pénétré ? L'avez vous pénétré?

        Je secoue la tête négativement. Pour l'arrêter dans ces questions cliniques et policières, il me faut vider mon sac d'un seul coup, à ma façon.

        - Je suis attiré par les garçons depuis mon enfance. Je n'en étais pas conscient bien sûr tout de suite. A la suite de ma rencontre avec Hicham, de la relation que nous avons établie progressivement entre nous, j'ai compris. Je veux vivre avec un garçon, je veux aimer un garçon. J'ai tout révélé à ma mère car je ne pouvais plus garder ce secret tout seul. Et en plus je me suis disputé avec Hicham.
        - Hicham?
        - Le garçon que j'aime.

        Je m'apprête à poursuivre mon exposé qui coule si spontanément maintenant. D'un signe, il m'empêche de reprendre la parole. Il prend quelques notes sous mon nom, lève les yeux vers moi mais puis s'adresse en arabe à ma mère.

        - Il ne doit plus voir le garçon qui s'appelle Hicham.

        Je ne peux pas voir ma mère, elle est assise derrière moi mais j'imagine sa satisfaction : elle a pris la décision de me priver d'Hicham avant le verdict de la science, avec son simple bon sens. Moi, je suis cerné. Par le bon sens de ma mère, par la science. Je me lève pour partir.

        - Attendez, je n'ai pas fini.
        - Je n'ai plus rien à vous dire.

        Il réplique sèchement en arabe :
 
        - Peut-être, mais tu vas écouter.

        Il se lève, arpente la pièce. Un policier. Le médecin a disparu.
Il poursuit, toujours en arabe :

        - Tu vas prendre des tranquillisants et des somnifères. Tu vas rester une semaine isolé du monde.

        Il s'adresse à ma mère en la fixant pour donner encore plus de poids à ses odieuses paroles, pour jouir de son pouvoir pour qu'elle s'incline devant les terribles résolutions.

        - Oui, il faut l'isoler de l'extérieur, des autres, de ses mauvaises fréquentations. Enfermez le dans une autre maison, dans un autre quartier si possible. En pyjama, sans chaussures, sans téléphone. Une semaine dans ces conditions. Aprés nous aviserons en fonction de son comportement.

        Je regarde ma mère, elle enregistre le discours avec respect et sans révolte. Pour elle, je suis malade, le médecin le confirme. Elle est prête à tout accepter pour pouvoir me soigner et espère-t-elle, me guérir. Par respect pour elle, je m'abstiens de réagir pourtant je suis fou de rage. Il se rassoit, rédige une ordonnance. Il se relève et raccompagne ma mère. Elle sort. Je suis cramponné au fauteuil. Il lui demande d'attendre, referme doucement la porte. Il ne s'assoit pas.

        - Oui ?
        - Aidez-moi !
       - Je vous aide, je vais même essayer de voue guérir pour que vous puissiez vivre normalement comme un homme. Mais vous devez le vouloir aussi. Obéissez à votre mère, suivez mes prescriptions. Voilà. Maintenant vous devez partir.

        Je sors sans serrer la main qu'il me tend. Comment le pourrais-je ? Homophobe peut être? Je ne sais pas encore ce que cela veut dire. Je ne comprends pas !

        Je marche sans rien voir, je sens ma mère qui me suit. nous rentrons en taxi. Toute la famille nous attend dans le salon quand nous arrivons. Les visages sont inquiets et tendres. Elle n'a pas révélé la vérité.

      - ..... a besoin de se reposer dans la maison de Leila une semaine. Il ne doit pas sortir, rencontrer personne.

        Les visages sont surpris mais acceptent ma mise en résidence surveillée officielle. Le soir même je suis obligé de quitter ma chambre pour emménager chez ma soeur.

    Toutes les prescriptions du médecin sont suivies et même dépassées. Je suis en pyjama et en chaussettes, je ne peux téléphoner et voir personne mais en plus je peux ni lire ni écrire. Alors je pense à Hicham toute la journée. Finalement cette cure qui devait me détacher de ma sexualité interdite la renforce. J'ai envie du corps d'Hicham et je repense à nos nuits ensemble. Mais je n'ai aucun espoir d'avoir le droit de partager du temps avec lui à nouveau. Pourquoi me sui-je disputé avec lui ? Pourquoi ai-je raconté la vérité à ma mère ? En une soirée j'ai perdu mon ami, la confiance de ma mère et ma liberté de mouvement. Je dois vivre cette nouvelle situation. Une situation qui va me poursuivre plusieurs années je pense car ma mère ne me lâchera pas. Les médicamants me sauvent : je dors 15 heures par jour.

par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Lundi 14 janvier 2008

284040-M4625ZJ7G53T334N5J4OXMOVX2D5SV-marrakech-medina-H200234-L.jpg    
13 heures. La maison est silencieuse. Evidemment j'ai la tête lourde, les yeux qui piquent. Mon esprit ressurgit au monde par touches successives. Les événements de la nuit me reviennent à l'esprit, leur gravité s'est diluée dans la nuit. Je pense que je dois descendre affronter ma mére sans l'excuse de l'alcool. Tout se passera bien.

    Dans le salon en pyjama et pieds nus : ce n'est pas mon habitude mais je n'ai pas le courage de commencer cette journée en m'habillant. Seul m'importe de connaître le visage de ma mère aujourd'hui. Ma mère épluche des légumes dans un coin de la cuisine. J'ai l'impression qu'elle n'a pas quitté cette pièce de toute la nuit.

    - Que prépares-tu de bon?
    - Tu as rendez-vous à 16 heures chez le médecin.
    - Je ne suis pas malade, j'ai juste trop bu hier soir, c'est tout.
    - Tu es malade. Tu vas te soigner, nous allons t'aider. Tu dois être un homme, mon fils.

Cette phrase cruelle je l'entendrai encore souvent, comme un refrain. Je ne peux pas protester, je suis allé trop loin avec elle, par désespoir. Je jouerai l'hétéro avec le medecin et on verra bien. Je refuse la dispute avec ma mère, je l'aime trop. Même si elle me condamne. Je m'assois en face d'elle, elle se lève et passe dans le salon. Ma soeur est au téléphone.

    - Bonjour. Je veux parler à Hicham.

Je m'approche de l'entrée du salon.
Elle est debout, elle me regarde le visage impassible.

    - Hicham? ... Tu ne viens plus à la maison. Tu ne téléphones plus, tu n'essaies pas de voir...

Elle laisse un silence, baisse les yeux.

    - Je t'efface de ma mémoire.

Elle raccroche. Tout a été dit sur un ton parfaitement indifférent.

    J'accepte le médecin mais je ne peux pas supporter l'idée de ne plus voir Hicham. Je ne peux plus supporter ma double vie. J'exige d'être enfin Un. Un pour moi-même, Un pour les autres. En finir avec le secret. Le même ... tout le temps. Expliquer mes sentiments à ma mère n'a malheureusement pas de sens. Elle réagit dans la logique de sa culture. Hicham l'a trahi, a trahi sa famille, a mal influencé son fils. Elle l'efface. Sans discussions. Sans haines. Avec une implacable indifférence. Et moi pour l'instant, j'ai déclenché une catastrophe, et puis je suis privé d'Hicham.

    - Je sors.

Ma voix est ferme. Pas de remarques. Je cherche des chaussures - introuvables - J'enfile des vieilles babouches, tant pis je veux sortir, même pour m'asseoir sur le bord du trottoir d'en face. La porte d'entrée est fermée, la clé n'est pas à sa place. J'ai compris. Je dois accepter l'idée que je suis désormais en résidence surveilée. Je ne rêve plus. Quel que soit l'avis du médecin, la vie va devenir trés difficile à présent. Plus de sortie. Plus d'Hicham ! Qui alors ? Quoi alors ? Comment pense-t-elle organiser ma vie?

Seul au mileu du salon, entrechoc de la vaisselle dans la cuisine.

    - Tiens-toi prêt pour 15h30, je t'accompagne chez le médecin.

    14h00. Je n'ai pas le choix. J'ai 1h30 pour réflichir à la stratégie à adopter avec cet homme qui représente pour ma mère la Raison. Ma mère appliquera sa décision à la lettre, avec soumission et respect. Je ne trouve pas, ma pensée s'éparpille.

    15 minutes dans la salle d'attente. Ma mère et moi seulement dans cet intérieur étranger. Elle ne me regarde pas, elle est figée sur son siège. Je l'observe, elle me détourne encore plus. Alors j'étudie le décor de la salle pour m'occuper l'esprit. Un dessin trés précis du cerveau avec des annotations occupe le mur en face de moi : zone frontale, zone pariétale etc... Dans quelle zone va-t-il situer ma maladie ? Je souris. Je commence peut -être à me penser malade ? Le médecin m'appelle, je me lève, ma mère naturellement me suit. il l'arrête d'un geste ferme. Elle l'implore des yeux, il cède. Faible médecin qui ne sait pas se tenir à ses décisions. Je suis inquiet. Il s'assoit puis m'autorise à le faire aussi. Ma mère reste en retrait, sur une banquette derrière moi. J'attends les questions, des feuilles blanches sur le bureau semblent attendre ma confession écrite. Il me regarde fixement avec curiosité mais sans aucune sympathie. Il écrit quelques mots sur la première des feuilles blanches : mon nom. L'interrogatoire va commencer.

par un marocain
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Présentation

Archives

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rechercher

Texte Libre


free music

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus